SYNTHÈSE FORÊT

Le projet d’usine de production de bûches de bois densifié porté par les entreprises CIMAJ et Bricafeu est présenté comme vertueux par les élus de la communauté de communes Cagire Garonne Salat (CC CGS). Le groupe forêt du collectif Cagire sans usine (CSU) a travaillé sur le mémoire d’enregistrement ICPE transmis par CIMAJ ainsi que sur les différents supports de communication des porteurs de projet et leurs déclarations en réunions publiques pour proposer une synthèse relative aux incohérences que présente cette usine.

Le dossier comporte un grand nombre d’imprécisions et de contradictions sur des points clés… Les sources d’approvisionnement du tonnage entrant pour la production des bûches (35 500 tonnes de bois par an) comme pour l’alimentation de la chaudière biomasse (2 700 tonnes de bois par an) ne sont pas déclarées dans le dossier. Les distances de transport ne sont pas établies et diffèrent selon les déclarations. Mais tout montre que le procédé de production de la bûche Bricafeu n’est plus une opération de « recyclage » de broyat, le projet à terme étant de s’approvisionner en bois et de produire ledit broyat.

La forêt, dans ses rôles de préservation de la biodiversité et de puits de carbone, est un milieu patrimonial à préserver et à gérer avec soin, d’autant plus face aux perturbations climatiques qui se multiplient. Sans garantie sur l’origine de ce bois ni sur la méthode d’exploitation forestière qui permet de l’extraire, ce projet n’est pas recevable et encore moins qualifiable de vertueux dans le contexte climatique et environnemental actuel.

Nous évaluons un rendement énergétique global de ces bûches moindre par rapport à celui du bois de chauffage traditionnel. En effet, le procédé implique une consommation d’énergie supplémentaire.  Ce procédé s’appuie sur une énergie non rigoureusement renouvelable et génère d’importantes émissions de dioxyde de carbone supplémentaires. Le bilan carbone de cette usine est largement sous-évalué, du fait même du concept de « neutralité carbone du bois énergie », aujourd’hui largement remis en cause par la communauté scientifique. Nous recensons aussi dans ce rapport de nombreuses contradictions avec les documents références de notre territoire : le Plan Climat PCAET et la charte du projet de parc naturel régional Comminges Barousse Pyrénées.

Tout autant de constats qui font que nous sommes intimement convaincus que ce projet ne peut pas être considéré comme vertueux et que cette assertion correspond à ce qui est communément appelé du greenwashing. Les enjeux climatiques et de préservation de la biodiversité auxquels nous faisons face impliquent d’être intransigeants sur l’utilité publique d’un tel projet, sur les impacts énergétique et climatique, et sur la méthode de gestion forestière appliquée. Rien dans ce projet ne répond à ces enjeux.