Notre (non) Inauguration
28 septembre 2025 – ZA du Cap d’Arbon – ESTADENS
ORAISON FUNÈBRE – Mise en scène pour l’entrée en exploitation de Cimaj/Bricafeu. Ce jour-là, l’événement a été filmé par TF1.

« Nous sommes aujourd’hui rassemblés pour faire nos adieux.
Adieux à un paysage qui, jusqu’ici, était si beau, si intact.
Adieux à la tranquillité d’un lieu emblématique.
Adieux à une démocratie locale, qui aura été enterrée plus vite qu’un dossier de consultation publique.
Derrière nous, ces pierres tombales désignent ce que l’usine emporte avec elle : la beauté, la biodiversité, la confiance en nos élus, la respiration d’un territoire.

La forêt, déjà fragilisée, demande à ne pas être traitée comme un simple gisement de bois ; elle doit être gérée avec soin et raison..
Chaque carton est un deuil en plus. Et nous, nous contemplons ce cimetière improvisé.Non pas pour nous résigner, mais pour rappeler à tous que ce chantier n’a pas seulement produit une usine :
il a produit de la colère, de la fracture, du mépris envers les habitants.
Car Estadens n’est pas un cas isolé : il devient le symbole d’une politique du fait accompli, que l’on tente d’imposer ailleurs.Un projet opportuniste, conçu en catimini, qui ne créera que peu d’emplois réels.
Un projet qui répond surtout à des intérêts privés et non pas à l’intérêt général.
Un projet imposé, alors que la population aurait dû en débattre.
J’en appelle à toutes les valeurs qui sont les nôtres, à tout ce qui est important à nos yeux et que nous défendons, à tout ce que nos élus ont oublié par arrivisme, par intérêt personnel ou par asservissement.
Que la démocratie se lève !
Que la biodiversité lève !
Que la confiance en nos élus se lève !

Que la tranquillité d’Estadens se lève !
Qu’un PNR digne de ce nom se lève !
Que le Cap d’Arbon, lieu emblématique, se lève !
Que le Codev du Pays se lève !
Que la sécurité sur nos routes se lève !
Que l’attractivité du territoire se lève !
Que la protection des forêts se lève !
Nous tous, citoyens et citoyennes d’Estadens et de ses environs, citoyens et citoyennes du Comminges et d’Occitanie, refusons de dire adieu à tout ce que ce projet industriel nous oblige à enterrer ce jour.
Que vive le pays de Cagire sans usine !
( Les 10 gisants se lèvent au fur et à mesure et vont chercher une branche d’arbre.)
Que ces branches symbolisent les forêts commingeoises convoitées par tant d’industriels avides de profit. Qu’elles symbolisent aussi notre résistance et la résilience de notre territoire !

Nous ne voulons plus de cette politique déconnectée des citoyens, nous ne voulons plus de cette industrialisation à tout va ! Et nous ne sommes pas les seuls. Partout en France des luttes s’organisent contre des projets similaires.
Et ici, à Estadens, ce n’est pas parce que Cimaj commence son activité que cela change la donne.
Nous continuerons à interroger la légalité de ce projet ; c’est pour cela que nous avons engagé toutes les voies de recours possibles.
Le temps juridique est long, mais …il travaille pour la justice et pour la protection de notre territoire.
Nous sommes et serons toujours contre Cimaj.
Nous sommes et serons toujours contre les bûches densifiées. »

